ENTRETIEN AVEC … Bassirou KANE, Directeur de constructions et d’équipements de centres de formation à l’ONFP

Responsable de la Direction de constructions et d’équipements de centres de formation (DCECF) à l’Office national de Formation professionnelle, Bassirou Kane revient dans cet entretien sur la volonté et l’ambition de l’ONFP d’exécuter dans les délais la construction, la réhabilitation et l’équipement des centres de formation dont il a la charge dans le cadre du projet de formation professionnelle pour l’emploi et la compétitivité (FPEC).

Qu’est-ce-qui a motivé la tenue de l’atelier de partage avec les entreprises sur la stratégie d’achèvement des chantiers dans le cadre du projet FPEC ?

Il faut dire qu’on a connu beaucoup d’obstacles, de difficultés dans l’exécution de ces chantiers. Comme le délai d’achèvement est proche, il fallait réunir l’ensemble des entreprises concernées et partager avec elles les enjeux et urgences de l’heure pour enfin mettre en place un plan d’action qui sera suivi par toutes les parties prenantes pour finir les chantiers dans les délais impartis. Cela, se justifie par le fait qu’on ne peut pas aller au delà du délai imparti et que des blocages institutionnels, administratifs qui ne dépendaient d’aucune des parties prenantes ont été notés dans le cadre de la mise en œuvre du projet et expliquent largement le retard qui a été noté dans l’achèvement des travaux. La rencontre a été l’occasion pour chaque entreprise de présenter son planning d’achèvement, sa méthodologie et les moyens à déployer pour l’achèvement des travaux. Nous sommes entrain de mettre en œuvre le plan d’action établi et validé par toutes les parties prenantes.

Dans quelle perspective inscrivez-vous après cette rencontre?

Nous allons suivre de très près les plannings des entreprises. Les chargés de projets effectueront des missions régulières au niveau des différents sites. Pour ce qui est de la direction de la construction, chaque lundi au matin, on tient une réunion de coordination pour statuer sur l’état d’avancement et de mise en œuvre des plannings. Egalement, on a demandé au maître d’œuvre, pour ceux qui n’avaient pas de représentants sur site d’envoyer automatiquement de représentant pour y séjourner et remonter régulièrement les informations. Il y’a également nos propres agents qui ont été déplacés sur le terrain au niveau des chantiers les plus critiques en plus des représentants du maître d’œuvre et de l’entreprise.  Il est clair cependant, qu’un planning ne s’exécute pas à 100% par rapport au délai, mais tout ce qui sera nécessaire d’être fait pour aller plus vite et dans l’atteinte des objectifs sera fait. Toutes les dispositions seront prises pour ne pas sortir du délai et du timing qui ont été entendus et validés de concert avec toutes les parties prenantes. Pour les questions climatiques notamment avec l’approche de la saison des pluies, on a pris toutes les dispositions et demandé aux entreprises de prendre toutes les disponibilités en cas de force majeure. Pour les entreprises qui sont dans des zones de fortes précipitations, on les a demandé de faire leur approvisionnement et de travailler pour éviter qu’elles aient une rupture.

Les dispositions prises permettront-elles de livrer les travaux à temps ?

Bah ! Oui le dispositif peut bel et bien marché. C’est nous mêmes qui avons évalué le délai global pour l’achèvement des travaux et c’est nous mêmes qui avons dit aux partenaires financiers que le travail peut être fini dans les 6 mois à venir. C’est sur ce délai que les entreprises ont élaboré leur planning et vont travailler pour finir les travaux à temps échus. Nous n’avons pas des délais incompressibles, mais il est possible de finir les travaux dans cette période.

Qu’est-ce qui a motivé l’implication de l’entreprise comme partie prenante et non un prestataire de service ?

J’ai dis à l’entame de mes propos que la plupart des blocages n’étaient pas dus aux entreprises mêmes si certaines ont eu des défaillances qu’on a soulevé à chaque fois de besoin et pris les dispositions idoines pour les remettre sur les rails. Ensuite, nous sommes dans un système où les entreprises sont des parties prenantes, des partenaires qui ne doivent pas être vues comme des prestataires. Généralement, ce qu’il faut comprendre dans les projets de construction, c’est que les entreprises ont la plus grande part de responsabilité. Donc, il ne s’agit pas d’envoyer des lettres d’avertissement, des mises en demeure ou engager une procédure de résiliation, mais de les impliquer et de les mettre face à leurs responsabilités en tant que partie prenante, en tant qu’acteur qui doit concourir à l’atteinte de l’objectif qui est celui de permettre aux jeunes, demandeurs d’emploi entre autres d’avoir des réceptifs biens construits répondant aux normes pour les permettre d’être dans des conditions optimales d’enseignement/apprentissage. Toutefois, il faut dire que c’est un fait inédit de vouloir dans un projet pareil impliquer aussi bien les entreprises, le maître d’œuvre, les bureaux de contrôle et même les bénéficiaires. On a adopté cette option depuis l’entame du projet et toutes les étapes ont été validées par ce comité technique qui a été mis en place.

Est-ce qu’on peut parler d’emploi et d’employabilité sans des infrastructures de qualité ?

Dans la mise en œuvre du projet pour l’emploi et la compétitivité FPEC, la construction occupe une place prépondérante. Si les travaux et les équipements ne sont pas sur place, il est clair que les indicateurs ne pourront pas être atteints. L’objectif du projet étant l’emploi et l’employabilité des jeunes, vous comprendrez aisément qu’il serait difficile de répondre à ces exigences sans pour autant régler certaines questions au préalable comme la construction d’édifices de Formation professionnelle. A cet effet, l’ONFP s’engage à finir les travaux dans les délais pour permettre la réalisation du projet et concrétiser la volonté du chef de l’Etat pour régler la question de l’emploi et de l’employabilité des jeunes sénégalais. Les secteurs prioritaires comme l’aviculture, l’horticulture et le tourisme sont bien pris en compte dans la réalisation de ces infrastructures de dernières générations.